Hortus photographicus 2006 – 2008

HORTUS PHOTOGRAPHICUS
Installation de 48 photographies dans le bourg de Mellé (35)

Mellé m’a ouvert ses jardins secrets.

J’y ai découvert des sourires, des complicités, des relations territoriales, écouté le récit de tranches de vies (extra) ordinaires. Des histoires qui composent les racines de notre mémoire commune, populaire et officieuse… Ici on parle volontiers de l’agriculture, de ce mode de vie rude et exigent, du bout de terre gagné mètre carré par mètre carré et qui force le respect.

Dans des prés pas toujours carrés, des « jardins de curé », chacun emploi sa technique, ses outils, son inspiration,   ses moyens,  sa culture,  son génie. La forme y est singulière, vraie et sincère. Le « rêve » y dépasse parfois l’intention, mais l’utile toujours reprend ses droits. De l’avis général, le lieu ressource et éloigne les tourments de l’existence.
La terre est la « vanité » du jardinier. Elle est le miroir de son existence, elle est nourricière et généreuse. Elle est prête à l’accueillir… à la fin du voyage.

Le plaisir est à peine nommé, la ligne plus ou moins maîtrisée, la motte modelée ; le tuteur guide, la « patronne » régente. Il y a le vert salade face au rouge des « cœurs de bœufs » et pour compléter la palette, les belles échalotes  et les fraisiers en fleurs.
Le jardinier reçoit parfois « endimanché ». Tout doit être propre pour les besoins de la photographie.
Grands, petits, discrets ou démonstratifs, les potagers offrent avec plaisir à celui qui passe et prend le temps du café, de l’apéro ou de la goutte avant la route… Dans tous les cas « c’est à prendre ou à laisser ».
Le potager/jardin est à Madame ou à Monsieur ou inversement, partagé tacitement, plus ou moins. Les petits-enfants enthousiastes, autorisés et équipés, débordent.

À Mellé, les façades muettes cachent des potagers qui racontent.

  Bernard Molins juin 2008